22 novembre 2010
ECRITURE DE L'EXIL : Le paradoxe 2/23
Cet
exemple est un exemple parmi tant d'autres de livres écrits par des auteurs
maghrébins en langue française et qui ne connaissent de succès qu'en France ou
en Europe.
Pourquoi s'intéresser à la littérature maghrébine d'expression française
aujourd'hui ? Peut-on dire que cette littérature est à cheval entre la culture
orientale et la culture occidentale ? Notre connaissance des pays du Maghreb
est aujourd'hui souvent tributaire de ce qui est véhiculé par les médias qui,
tout en prétendant diffuser des informations, ne manquent pas de faire circuler
des clichés réducteurs sur les "pays arabes". Cela dit en passant, il
est bon de souligner que l'un des clichés les plus récurrents est celui qui
traite de la condition féminine au Maghreb. A l'origine de cette volonté de
traiter du statut de la femme "arabe", une difficulté bien évidente à
comprendre le phénomène dans sa spécificité autant que dans sa diversité.
Finalement, dans le fond voir la femme "arabe" désabusée de l'autre
coté de la Méditerranée rassure les médias occidentaux et les confortent dans
leurs positions de garant des droits de l'homme. Les nuances se perdent.
19 novembre 2010
ECRITURE DE L'EXIL : Le paradoxe 1/23
Bonjour à tous,
Je vais publier ici et en plusieurs fois un article de Hafsa Bekhelouf, chercheur en littératures, langues et sciences humaines de l’Université de Mostaganem, Algérie/ Université de Lyon 3, France qui traite de L’ECRITURE DE L’EXIL. (Revue Annales du Patrimoine, N° 03 – 2005)
Le paradoxe
1/23
Interpellation. La littérature maghrébine de langue
française pose une question nationale : qui sommes-nous ? "Le premier
récit érotique écrit par une femme arabe", telle est la phrase d'accroche
que nous lisons actuellement sur le bandeau du roman de Nedjma, qui s'intitule
L'amande(1). Ce livre est écrit en français. Il est très médiatisé. Pour
quelles raisons ? Est-ce parce qu'il est littérairement exceptionnel ? Ou
plutôt parce que la combinaison "femme arabe" et
"sexualité" est très à la mode aujourd'hui ?
La critique française l'érige en un livre qui révolutionne l'érotisme féminin
pour la société arabo-musulmane. Paradoxalement, cette révolution ne se fait
pas dans la langue de ces sociétés arabo-musulmanes mais dans une langue
étrangère. Ce livre est publié en France, pas en Algérie, ni au Maroc, ni en
Tunisie. Qui vit vraiment la révolution, si vraiment révolution il y a ?
05 novembre 2010
à lire avec delectation
Cet été, c'est Tarquin Hall (écrivain indien) qui m'a époustouflé. Je
lisais chaque jour une quarantaine de pages avec délectation de «
L’homme qui exauce les voeux », paru aux Editions 10×18 domaine
policier (Juin 2009, 316 pages).
Présentation du livre par l'éditeur
:
C’est un livre policier qui met en vedette Vish Puri, un privé
qui n’hésite pas à s’envoyer des tonnes de louanges…sans doute méritées.
Lui même apparait comme typique de cette frange (de plus en plus
importante) d’Indiens qui associe modernisme (en particulier l’apport
des technologies de pointe) et tradition (respect des valeurs
familiales, humaines,morales et éthiques). Les différentes enquêtes
qu’il doit mener avec son équipe le mettent face à des Indiens bien
moins plaisants: bandits de bas niveau adeptes du viol et de
l’assassinat, fonctionnaires de tout poil profondément corrompus ou
nouveaux riches prêts à tout pour la réussite sociale et financière.
Mais aussi le montre inclus dans la société et le paysage de cet immense
pays. Il y a même un long glossaire des mots indiens contenus dans le
livre.
Bref, au delà de la résolution des enquêtes, souvent bien amenées, et toujours révélatrices d’une contexte social, il y a dans ce livre comme un condensé ou un panorama de l’Inde.
J'ai appris des tas de choses sur l'Inde que je ne connaissais pas en lisant ce livre.
16 novembre 2009
Ismahan, la sublime. Ecoutez, Ecoutez... أسمهان

أسمهان - Ismahan, la sublime
|
My darling come follow me Mon chéri Venez à
ma suite Et je te donne ma
vie et âme pour toi, ma famille, tout ce que j'ai |
يا حبيبي تعال
|
20 mars 2009
Vint alors le Printemps...
Vint alors le Printemps...
encore une fois... comme dans l'éternité de l'instant...
15 mars 2009
Hier, Aujourd'hui et Demain..
Cela fait un long moment d'absence...
Hier, c’était vendredi 13, et j’ai été au studio
Champs-Elysées pour la pièce de DANIEL PRÉVOST, intitulée FEDERICO,
L'ESPAGNE ET MOI.
La performance était au rendez-vous, même si elle a été
courte. Pourtant, dans la rangée d’avant, il y avait un petit garçon (de
parents originaires de la Mère Afrique) qui n’arrêtait pas de s’agitait et de
se plaindre à sa mère : c'est long… Daniel remontait le temps, sa solitude,
sa curiosité livresque, ses racines (en choisissant ici de les évoquer de façon
détournée), ses amis Espagnols exilés en France, et SON EXIL; et Federico
Garcia Lorca, et Manuel de Falla, et Cervantès, et Albeniz, et tous les autres... Une seule fois, il a évoqué Ferré, mais l'Espagne était livide, comme l'Algérie, en ce moment...
J’ai applaudi à son spectacle, et à sa performance, et c'est une chose que je fais vraiment rarement. J’étais frustré quelque part, car j’aurais voulu qu’il parle de sa « méditerranéité » plus directement. Mais, qu’importe, il en parlera bien un jour, à sa façon, je lui fais confiance.
Aujourd’hui, c’est le 14 mars, et c’est un autre « méditerranéen »
qui vient m’interpeler, interpeler la France, et le reste du monde. C’est Alain BASHUNG.
Alain Bashung est le fils d'une mère d'origine bretonne, ouvrière dans une usine de caoutchouc de Paris, et d'un père algérien kabyle.
J’ai de la peine.
Ce Monsieur
qui vient de partir, je l’admirais.
"La nuit je mens" est l’un de ses plus beaux poèmes.
Cela parle de « la nuit..., du destin..., et de la prétentaine… ».
Et la nuit... c'est magique.
La nuit, je mens
On m'a vu dans le Vercors
Sauter à l'élastique
Voleur d'amphores
Au fond des criques
J'ai fait la cour a des murènes
J'ai fais l'amour
J'ai fait le mort
T'etais pas née
A la station balnéaire
tu t'es pas fait prier
J'etais gant de crin, geyser
Pour un peu, je trempais
Histoire d'eau
La nuit je mens
Je prends des trains
a travers la plaine
La nuit je mens
Je m'en lave les mains.
J'ai dans les bottes
des montagnes de questions
Ou subsiste encore ton écho
Ou subsiste encore ton écho.
J'ai fait la saison
dans cette boite crânienne
Tes pensées, je les faisais miennes
T'accaparer, seulement t'accaparer
d'estrade en estrade
J'ai fait danser tant de malentendus
Des kilomètres de vie en rose
Un jour au cirque
Un autre a chercher a te plaire
dresseur de loulous
Dynamiteur d'aqueducs
La nuit je mens
Je prends des trains a travers la plaine
La nuit je mens
effrontément
J'ai dans les bottes
des montagnes de questions
Ou subsiste encore ton écho
Ou subsiste encore ton écho.
On m'a vu dans le Vercors
Sauter à l'élastique
Voleur d'amphores
Au fond des criques
J'ai fait la cour a des murènes
J'ai fais l'amour
J'ai fait le mort
T'etais pas née
La nuit je mens
Je prends des trains a travers la plaine
La nuit je mens Je m'en lave les mains.
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho.
La nuit je mens...
Alain Bashung, 1998
In
Memorium,
Le
samedi 14 Mars 2009.
27 septembre 2008
Vint enfin l'automne, malade et adoré...
|
Automne malade Automne malade et adoré Pauvre automne Aux lisières lointaines
Guillaume APOLLINAIRE (Dit et mis en musique par Léo Ferré, au siècle dernier) |
INTRODUCTION
De Ronsard à Prévert, en passant par
Chateaubriand, Baudelaire et Verlaine, l’automne a inspiré des générations de
poètes. Né, quant à lui, sous le signe de la Vierge qui marque le début de
l’automne, Apollinaire a fait de cette saison, associée souvent au temps qui
passe, à la mort, aux souffrances de l’amour et, partant, aux fins des
amours, sa saison privilégiée. Il s’écrit d’ailleurs : « Mon
automne éternelle ô ma saison mentale ». Dans le poème
« Signe », il rappelle cette idée : « Je suis soumis au
chef signe de l’Automne ».
C’est pourquoi Automne malade s’inscrit naturellement
dans cette optique.
I.
La thématique de l’automne renouvelée par l’univers personnel du poète ;
II.
Un poème d’une musicalité libre, propre, à Apollinaire.
DEVELOPPEMENT
I. La thématique de
l’automne renouvelée par l’univers personnel du poète
D’emblée, dès la première strophe,
l’automne, affublé de l’épithète « malade », s’inscrit dans le
thème de la maladie et de la mort. Apollinaire, interpelle cette saison qu’il
aime entre toutes et lui signifie sa fin prochaine : « Tu mourras
(à l’arrivée de l’hiver) : quand l’ouragan soufflera dans les
roserais ; quand il aura neigé dans les vergers.
Il lui signifie en même temps sa sympathie
(étymologiquement, "sympathie" signifie : "souffrir
avec") par l’adjectif « adoré » et pour sa remarque
pleine de commémoration : « pauvre automne ».
Remarquons également que les symboles de la vie sont ici « les
roserais » et « les vergers », reflets de la
splendeur de la nature.
Ajoutons aussi qu’il évite toutefois de reprendre de
manière trop explicite le cliché romantique de la souffrance humaine accordée
au deuil de la nature.
Deux champs lexicaux vont s’affronter dans ce
poème :
§ Au
champs lexical de la splendeur automnal (« Vergers »,
« richesse », « fruits mûrs », « fruits »,
« cueillir », et « adoré » — où l’on retrouve « –
doré » comme l’or des feuilles mortes), s’oppose celui de l’hiver
destructeur aux portes de l’automne finissant (« malade »,
« aura neigé », « blancheur », « neige »,
« tombant »).
§ Mais, le champ lexical dominant est celui de la Mort (deux
occurrences : « Tu mourras », « meurs ») et de
ses symboles comme les « éperviers » qui planent, aux lisières
de la Mort, celui de l’éloignement (« aux lisières lointaines »)
ou de la tristesse (« les cerfs ont bramé »).
§ Les
mots relevés ci-dessous sont par couples contrastés aux vers 1/3, 4/6/7 et
15 :
- « Malade » et « adoré » au vers 1 ;
- Au
vers 2, l’image de « l’ouragan » soufflant sur « les
roseraies » a imagé ce couple beauté fragile (« les
roseraies »)/rudesse des éléments (« l’ouragan ») ;
- Au
vers 6, « en blancheur » (« neige »)/« richesse » ;
- Au vers 7, « de
neige »/« et de fruits sûrs » ;
- Au vers 15, « fruits
tombants »/« cueille ».
§ Mais
ce sont les vers 8 à 10 qui lèvent le voile sur le sens caché de
l’élégie :
« Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé »
« Ces nixes nicettes aux cheveux verts et naines qui
n’on jamais aimé » nous rappellent
les « sept femmes aux cheveux verts » de “Nuit rhénane”,
d’autant que les « nixes » sont les ondines de la mythologie
germaniques, qualifiées de « nicettes », c'est-à-dire de simplettes,
et de « naines », ce qui achève de leur donner un aspect
inquiétant.
Par rapprochement avec “Nuits Rhénanes” et “La Loreley”,
on comprend que ces créatures mythologiques sont une nouvelle incarnation de
l’amour-danger, de l’amour impossible, non partagé de ces deux poèmes. Cela
rappelle également l’« ombre fatale » de « l’épouse
qui me suit » rencontrée dans le « signe » automnal (« Le
vent et la forêt qui pleurent/toutes leurs larmes en automne feuilles à
feuilles »), redisent toute la tristesse du mal d’amour. Le poète
retourne donc à son profit la thèse rabattue de l’automne comme il a enrôlé
dans sa poétique la légende de la Loreley.
Dans les deux cas, il trouve dans ces sujets un écho de
sa souffrance de mal-aimé. C’est ici, sous le mode de la complicité avec la
nature, thème évènement romantique que le poète, à la suite de Verlaine, a
débarrassé de tout pathos grâce à une prosodie alerte qu’il convient
d’étudier dans le second axe.
II. Un poème d’une musicalité libre,
propre à Apollinaire
Cette élégie musicale, dont la parenté avec
la poésie de Verlaine est indéniable, semble s’inspirer du précepte de ce
dernier dans son Art Poétique : « De la musique avant toute
chose ».
Les sonorités du vers tendent à composer un tableau
sonore en harmonie avec les images.
§ A la
force de « l’ouragan » dont « le souffle »
trouve son équivalent dans le « brame du cerf » et les « pleurs
du vent », participant les assonances et allitérations en ou/ra/gan
du vers 2 ;
§ La
récurrence telle celle du mot « automne » aux vers 1, 5 et
17 :
- « Automne
malade » et « adoré » ;
- « Pauvre
automne » ;
- « Toutes
les larmes en automne feuille à feuille ».
§ Le
balancement « que j’aime »/« que j’aime » au vers
14 ;
§ Les
couples symétriques (« en blancheur et en richesse », « de
neige et de fruits mûres », « feuilles à feuilles »)
créent un rythme régulier au sens d’une prosodie pourtant très libre.
On sait que les poèmes polymétriques présentant un
mélange de vers différents sont assez caractéristiques que la manière
d’Apollinaire.
Dans ce poème, l’octosyllabe est privilégié car figurant
aux vers 1, 6, 15 et 16. L’alexandrin, quant à lui, revient à trois
reprises :
§ Vers
10 : « Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et
naines » ;
§ Vers
14 : « Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs » ;
§ Vers
17 : « Toutes leurs larmes en automne feuilles à feuilles ».
On est surpris de constater que dans le recueil Alcools,
plus de la moitié des poèmes respectent les règles de versification et
privilégient l’alexandrin.
Pourtant, dans ce poème, Apollinaire recours aux vers les
plus disparates du vers de 14 ou 15 syllabes au vers 2 : « Tu
mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies ». Il reste que
l’alexandrin le plus remarquable du poème est celui du vers 14 (« Sur
les nixes nicettes aux cheveux verts et naines ») dont la régularité
contrastée avec les sonorités acidulées en [i] (« les n[i]xes
n[i]cettes »). L’effet recherché vise à renforcer au cœur de ce paysage
automnal, l’élément négatif que constitue l’image des « éperviers »,
liées à celle des « femmes qui n’ont jamais aimé ».
Quant à la dernière strophe qui se présente sous
l’apparence de six vers de deux syllabes :
« Les
feuilles
Qu’on
fouille
Un
train
Qui
roule
La
vie
S’écoule »
On peut découvrir ici un alexandrin verticalisé de 2 + 2
+ 2 + 2 + 2 + 2 = 12 syllabes. On doit y voir une visualisation de la chute
des feuilles et de la fuite inexorable du temps, selon un procédé utilisé par
Apollinaire dans ses célèbres calligrammes.
CONCLUSION GÉNÉRALE
Sur un thème qui l’a inspirée abondamment,
le poète d’Automne malade, même s’il est « beaucoup plus proche de
Verlaine et des poètes du xixe
siècle que des poètes modernes, joue avec subtilité des suggestions et des
fantaisies formelles pour que son teste porte sur empreinte très personnelle.
(Auteur anonyme, doc tiré de www.lescorriges.com)
26 septembre 2008
Ce soir, C'est la nuit du destin
Laylat Al
Qadr (la nuit du destin)
Laylat al-Qadr ou Nuit du Destin correspond à la veille du
27e jour du mois de ramadhan (calculs savants et différents selon les rites).
Dans le CORAN, la Sourate 97 : La destiné (al-Qadr) doit son nom au premier verset. Dans la sourate précédente, Dieu
ordonne à son Envoyé de lire le Coran en Son Nom « IQRA… ». Dans
celle-ci, Il fixe le moment où le Livre est descendu.
D’une manière générale,
cette sourate parle de la descente du Coran, la nuit de la destinée. Elle
commence par montrer le grand bienfait divin en faveur de l’humanité à laquelle
est adressé le Livre. C’est au cours
de cette nuit que la révélation commença à descendre sur le Sceau des envoyés,
que la prière et le salut soient sur lui. Elle vaut plus que mille nuits car
c’est la nuit de l’illumination de la Lumière divine sur les habitants de la
terre. Elle a changé le cours de l’Histoire et a ouvert une ère nouvelle à la
vie de la nation muhammadienne, à savoir la nation islamique.
- Nous l’avons certes, fait descendre [le Coran] pendant la nuit d’al-Qadr
- Et qui te dira ce qu’est la nuit d’al-Qadr ?
- La nuit d’al-Qadr est meilleure que mille mois.
La sourate énumère trois
particularités de cette nuit :
- c’est une nuit extraordinaire :
l’adoration en cette nuit vaut celle de mille mois
- les anges descendent, avec la
permission de Dieu, de tous les côtés du ciel vers la terre, depuis le coucher
du soleil jusqu’à l’aube.
- Dieu y inscrit la paix et la sécurité
pour toutes les créatures.
- Durant celle-ci descendent les anges ainsi que l’Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre.
- Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube.

Extrait de ["Commentaire du Coran, Chapitre "Amma", de Tahar Gaïd, éditions IQRA"]
La descente
du Coran
1. Nous l’avons certes, fait descendre [le Coran] pendant la nuit
de la destinée [de l’extrême et extraordinaire illumination, et des Décrets]
Dieu a fait descendre le
Coran en cette nuit bénie. « Et l’Esprit fidèle est descendu avec cela sur ton cœur,
pour que tu sois du nombre des avertisseurs ». (S.26, 193 et 194)
Le Coran n’est pas
descendu en une seule fois en bloc. La révélation a duré vingt-trois ans.
Certes, il a été descendu dans son ensemble la nuit de la destinée : « Nous
l’avons fait descendre en une nuit bénie. Nous sommes, en vérité, Celui qui
avertit ». (S.44, 3). Cette nuit s’inscrit dans
le mois de ramadân : « Le mois de ramadân au cours duquel le Coran a été
descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et
du discernement ». (S.2, 185). Ensuite Gabriel le
communiquait au Prophète - que la prière et le salut soient sur lui -, au
fur et à mesure des événements et des circonstances, depuis le début de la
prophétie jusqu’à sa mort.
L’objet de cette descente
graduelle consistait à faciliter sa compréhension et à en assimiler le contenu.
En outre, il fallait tenir compte des intérêts humains suivant l’évolution du
temps. Ce qui permettait d’orienter, hommes et femmes, vers le plus utile et le
plus profitable.
La dimension
de la nuit de la destinée
2. Et qui te dira [t’apprendra, ô Muhammad !] ce qu’est la
nuit de la destiné [quels sont ses bienfaits] ?
3. La nuit de la destinée est meilleure que mille mois [toute bonne
œuvre, en cette nuit, vaut mille mois d’œuvres salutaires].
4. Durant celle-ci descendent les anges ainsi que l’Esprit
[Gabriel], par permission de leur Seigneur, pour tout ordre [concernant les
affaires des créatures].
5. Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube.
Le culte pratiqué en cette
nuit est meilleur que celui de mille mois. Il équivaut donc à
quatre-vingt-trois années et quatre mois.
En cette nuit, les anges
du Trône et du ciel descendent sur terre. Ils sont accompagnés de Gabriel.
L’emploi de tanazzal,
montre que les êtres ailés n’arrivent pas sur terre tous ensemble mais qu’ils y
descendent par vagues successives. C’est une nuit de sécurité et de paix
jusqu’à l’aube. Elle est célébrée le vingt-septième jour du mois de ramadân.
En cette nuit, les anges
recevront des ordres pour régler toutes les affaires du monde, bien que
celles-ci fussent déjà inscrites dès l’aube de la création. « C’est
alors », dit Ibn ’Arabi, « qu’Il disposa la Table brillante (lawh) et
le Calame (qalam) pour transcrire l’Ecrit de l’Univers et l’acte qui détermine
à être ce qui fut et ce qui sera jusqu’au Jour de la Rétribution. Il plaça les
anges pour qu’ils transcrivent ce qu’on leur commandait en rapport avec
l’effacement et la confirmation, la mort et la vie, la diminution ou
l’augmentation. La langue est au Calame ce que la poitrine est à la Table
brillante. Ce que la langue énonce, les facultés mentales l’enregistrent sur
les tables des poitrines ; les inclinaisons que le cœur dirige vers la
poitrine sont exprimées par son interprète : la langue ».
***
Cette nuit constitue
l’édifice muhammadien qui était, auparavant, voilé du monde terrestre. Au cours
de cette nuit la Force spirituelle et psychologique descend, mieux encore c’est
le Royaume des cieux et de la terre qui se manifeste, véhiculant les ordres du
Seigneur sur toutes les choses existantes afin d’être gérées selon leurs états.
C’est une nuit parfaite ; elle ne connaît aucune insuffisance ni
imperfection et ceci du coucher du soleil jusqu’à son lever. C’est une nuit où
la paix et la sécurité règnent sur le monde entier.
* Tahar Gaïd est né le 22
octobre 1929 à Timengache, Beni Yala (Wilaya de Sétif). Après des études aux
médersas de Constantine et d’Alger, il exerce la fonction d’enseignant à
Tighanif, près de Mascara, puis à Alger.
Militant du PPA/MTLD, il
participe à la lutte pour la libération nationale. Il prend l’initiative
d’organiser des cellules FLN à Tihganif, anciennement Palikao. Arrêté en mai
1956, il est détenu pendant six années consécutives dans les prisons et les
camps d’internements en Algérie.
Dès 1963, il opte pour la
carrière diplomatique en qualité d’ambassadeur dans plusieurs pays africains.
En 1978, il cesse toute activité administrative.
A partir de 1980, il se
consacre dès lors aux aspects théoriques et pratiques de l’Islam. Il se signale
par la publication du Dictionnaire élémentaires de l’Islam (OPU). Il est aussi
l’auteur d’autres livres dont Réalités universelles de l’Islam (OPU) et
Religion et Politique en Islam (aux éditions Bouchène)
Parallèlement à ces
écrits, il publie à L’OPU (Office des Publications Universitaires, Alger) un lexique philosophique arabe-français et
français-arabe.
16 juin 2008
Notes de lecture
L’autre jour, j’ai été allé me ravitailler à la bibliothèque
Léo Ferré de Grigny (Rhône), et j’ai pris un supplément magazine (du 8 mars
2008) qu’éditait Le Monde car il y avait en couverture Patti
Smith, décrite comme rockeuse, poète, peintre et photographe… C’est quelqu’un
que j’admire beaucoup, depuis longtemps, comme certainement ce personnage de
cette époque passée et je cite :
« L’autre
jour, à la sortie du cimetière, un vieil homme édenté, sans doute un clochard
du quartier, s’est figé devant elle, l’a dévisagée et a doucement dit :
Patti Smith ? »
Dans l’article, il était question d’exposition de photos prises avec un polaroïd,
et combien
a été mon étonnement de découvrir une photo « le lit de Victor Hugo »
prise par Patti Smith,
telle que j’en conserve moi-même la posture ?!
Combien
sommes-nous dans le monde à avoir été un instant dans cette posture ?
Probablement plus que quelques centaines… pour l’auteur de La Légende des siècles*.
*La Légende des siècles est un recueil de poèmes de Victor Hugo, conçu comme un immense ensemble destiné à dépeindre l'histoire et l'évolution de l'Humanité.
Je voulais apporter au
Père Lachaise,
[Accompagné de ma
fille, et de quelques fantômes]
Un peu de lumière,
Sur des sépultures
célèbres
Jim Morrison,
Mouloudji, et combien d’autres…,
Mais il était trop
tard,
C’était le crépuscule...
C’était à cela que je pensais en cette soirée de la fin de mai 2008, j’étais à l’Olympia, invité par Karim (membre de ma famille) et les membres de l’ONB** (Orchestre National de Barbès) à leur concert. J’avoue que c’était la première fois que je mettais les pieds dans cette enceinte, mythique également pour moi (génération sixties) et j’ai surtout apprécié leur version de Sympathy For The Devil. Karim m’a expliqué que les Rolling Stones, qui adorent l'ONB, passent parfois un extrait de leur désormais célèbre "Aloua", en début et fin de leurs concerts... et que cela résultait d’un accord entre l’ONB et les Stones (chacun pouvant chanter en concert la chanson de l’autre sans risquer d’être pénalisé par les droits d’auteurs).
Et Patti Smith là-dedans me diriez-vous ?
J'avoue que je n'en sait trop rien ...
**http://www.orchestrenationaldebarbes.com/
07 juin 2008
La mer, la grand-mère et la mé(moi)re II
C’est
à la mi-avril que j’ai rendu visite à Saad, chez lui, du côté du Jardin des Plantes...
J’étais
accompagné de ma fille.
Je
tenais absolument à le lui faire rencontrer.
Elle
connaissait mon affection pour mon cousin et les anecdotes relatives à mes brefs
séjours à Paris du temps où je transitais vers de lointaines destinations…
Saad
qui était visiblement heureux de me retrouver évoqua pour ma fille les
distances qu’il parcourait à pieds de Skikda (Philippeville) pour venir à Stora
et Grande-Plage se régaler de fraises sur les terres familiales.
Saad
a été mon référent lorsque j’étais enfant, il faisait partie de la poignée d’algériens,
bacheliers à la date de l’indépendance de l’Algérie, venu effectuer des études
de médecine qu’il abandonna vite pour des études de philosophie…, pour le
quartier latin… et pour la fête…
L’autre
soir, c’était la fête et Saad était là comme mon invité privilégié.
Nous
étions à table et attendions le méchoui qui tardait à venir jusqu’à nous de
chez le traiteur.
Pour
meubler cette attente, j’étais en train de raconter cette histoire que j’avais lue,
enfant, dans un livret scolaire :
C’était au moyen-âge, style cour des miracles, il y
avait un marchand qui grillait de la viande et qui exaspéré par la présence d’un
individu qui se tenait debout depuis le matin devant son étal l’apostropha en s’exclamant :
"Il faudrait me payer car depuis ce matin vous êtes en train de vous nourrir en humant
l’odeur de la viande grillée !!!"
Sans se départir de son calme, l’individu en question
sortit de sa poche une pièce, puis la fit tinter en la faisant rouler sur le
parvis, « Voilà donc, donc vous
êtes déjà payé, le timbre de la monnaie équivaut à l’odeur de la viande. »
Et
voici que Saad, les yeux écarquillés qui s’exclama à son tour :
« Mais c’est extraordinaire, c’est des mots que j’ai
exactement prononcé lorsque j’étais petit, je jouais cette pièce à l’école et c’est
exactement de cela qu’il s’agissait, mon père m’a même acheté un habit pour
cela, mais c’est incroyable que tu racontes cela, toi, à l'instant, je ne l’ai plus entendu depuis
mon enfance, depuis plus d'un demi-siècle ?!!! »
Que
dire, au-delà de la philosophie - il paraît qu’au Moyen Âge les juges
étaient justes : Si il en avait mangé il aurait dû payer avec la
substance, ...-, du
virtuel ou du quantum (odeur-bruit-moralité-impalpabilité, conjonction), il y avait cet
instant, et la fête,
Et cette photo de Saad ce soir là, magnifique…

Et ses histoires interminables qui ont passionnées
la plupart des invités durant la soirée, avec son érudition, avec sa gentillesse, avec sa simplicité, et cela jusqu’au lever du jour, jusqu’au
moment où il a pris la première rame de métro pour rentrer chez lui, du côté de
Censier.










