20 mars 2009
Vint alors le Printemps...
Vint alors le Printemps...
encore une fois... comme dans l'éternité de l'instant...
15 mars 2009
Hier, Aujourd'hui et Demain..
Cela fait un long moment d'absence...
Hier, c’était vendredi 13, et j’ai été au studio
Champs-Elysées pour la pièce de DANIEL PRÉVOST, intitulée FEDERICO,
L'ESPAGNE ET MOI.
La performance était au rendez-vous, même si elle a été
courte. Pourtant, dans la rangée d’avant, il y avait un petit garçon (de
parents originaires de la Mère Afrique) qui n’arrêtait pas de s’agitait et de
se plaindre à sa mère : c'est long… Daniel remontait le temps, sa solitude,
sa curiosité livresque, ses racines (en choisissant ici de les évoquer de façon
détournée), ses amis Espagnols exilés en France, et SON EXIL; et Federico
Garcia Lorca, et Manuel de Falla, et Cervantès, et Albeniz, et tous les autres... Une seule fois, il a évoqué Ferré, mais l'Espagne était livide, comme l'Algérie, en ce moment...
J’ai applaudi à son spectacle, et à sa performance, et c'est une chose que je fais vraiment rarement. J’étais frustré quelque part, car j’aurais voulu qu’il parle de sa « méditerranéité » plus directement. Mais, qu’importe, il en parlera bien un jour, à sa façon, je lui fais confiance.
Aujourd’hui, c’est le 14 mars, et c’est un autre « méditerranéen »
qui vient m’interpeler, interpeler la France, et le reste du monde. C’est Alain BASHUNG.
Alain Bashung est le fils d'une mère d'origine bretonne, ouvrière dans une usine de caoutchouc de Paris, et d'un père algérien kabyle.
J’ai de la peine.
Ce Monsieur
qui vient de partir, je l’admirais.
"La nuit je mens" est l’un de ses plus beaux poèmes.
Cela parle de « la nuit..., du destin..., et de la prétentaine… ».
Et la nuit... c'est magique.
La nuit, je mens
On m'a vu dans le Vercors
Sauter à l'élastique
Voleur d'amphores
Au fond des criques
J'ai fait la cour a des murènes
J'ai fais l'amour
J'ai fait le mort
T'etais pas née
A la station balnéaire
tu t'es pas fait prier
J'etais gant de crin, geyser
Pour un peu, je trempais
Histoire d'eau
La nuit je mens
Je prends des trains
a travers la plaine
La nuit je mens
Je m'en lave les mains.
J'ai dans les bottes
des montagnes de questions
Ou subsiste encore ton écho
Ou subsiste encore ton écho.
J'ai fait la saison
dans cette boite crânienne
Tes pensées, je les faisais miennes
T'accaparer, seulement t'accaparer
d'estrade en estrade
J'ai fait danser tant de malentendus
Des kilomètres de vie en rose
Un jour au cirque
Un autre a chercher a te plaire
dresseur de loulous
Dynamiteur d'aqueducs
La nuit je mens
Je prends des trains a travers la plaine
La nuit je mens
effrontément
J'ai dans les bottes
des montagnes de questions
Ou subsiste encore ton écho
Ou subsiste encore ton écho.
On m'a vu dans le Vercors
Sauter à l'élastique
Voleur d'amphores
Au fond des criques
J'ai fait la cour a des murènes
J'ai fais l'amour
J'ai fait le mort
T'etais pas née
La nuit je mens
Je prends des trains a travers la plaine
La nuit je mens Je m'en lave les mains.
J'ai dans les bottes des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho.
La nuit je mens...
Alain Bashung, 1998
In
Memorium,
Le
samedi 14 Mars 2009.
27 septembre 2008
Vint enfin l'automne, malade et adoré...
|
Automne malade Automne malade et adoré Pauvre automne Aux lisières lointaines
Guillaume APOLLINAIRE (Dit et mis en musique par Léo Ferré, au siècle dernier) |
INTRODUCTION
De Ronsard à Prévert, en passant par
Chateaubriand, Baudelaire et Verlaine, l’automne a inspiré des générations de
poètes. Né, quant à lui, sous le signe de la Vierge qui marque le début de
l’automne, Apollinaire a fait de cette saison, associée souvent au temps qui
passe, à la mort, aux souffrances de l’amour et, partant, aux fins des
amours, sa saison privilégiée. Il s’écrit d’ailleurs : « Mon
automne éternelle ô ma saison mentale ». Dans le poème
« Signe », il rappelle cette idée : « Je suis soumis au
chef signe de l’Automne ».
C’est pourquoi Automne malade s’inscrit naturellement
dans cette optique.
I.
La thématique de l’automne renouvelée par l’univers personnel du poète ;
II.
Un poème d’une musicalité libre, propre, à Apollinaire.
DEVELOPPEMENT
I. La thématique de
l’automne renouvelée par l’univers personnel du poète
D’emblée, dès la première strophe,
l’automne, affublé de l’épithète « malade », s’inscrit dans le
thème de la maladie et de la mort. Apollinaire, interpelle cette saison qu’il
aime entre toutes et lui signifie sa fin prochaine : « Tu mourras
(à l’arrivée de l’hiver) : quand l’ouragan soufflera dans les
roserais ; quand il aura neigé dans les vergers.
Il lui signifie en même temps sa sympathie
(étymologiquement, "sympathie" signifie : "souffrir
avec") par l’adjectif « adoré » et pour sa remarque
pleine de commémoration : « pauvre automne ».
Remarquons également que les symboles de la vie sont ici « les
roserais » et « les vergers », reflets de la
splendeur de la nature.
Ajoutons aussi qu’il évite toutefois de reprendre de
manière trop explicite le cliché romantique de la souffrance humaine accordée
au deuil de la nature.
Deux champs lexicaux vont s’affronter dans ce
poème :
§ Au
champs lexical de la splendeur automnal (« Vergers »,
« richesse », « fruits mûrs », « fruits »,
« cueillir », et « adoré » — où l’on retrouve « –
doré » comme l’or des feuilles mortes), s’oppose celui de l’hiver
destructeur aux portes de l’automne finissant (« malade »,
« aura neigé », « blancheur », « neige »,
« tombant »).
§ Mais, le champ lexical dominant est celui de la Mort (deux
occurrences : « Tu mourras », « meurs ») et de
ses symboles comme les « éperviers » qui planent, aux lisières
de la Mort, celui de l’éloignement (« aux lisières lointaines »)
ou de la tristesse (« les cerfs ont bramé »).
§ Les
mots relevés ci-dessous sont par couples contrastés aux vers 1/3, 4/6/7 et
15 :
- « Malade » et « adoré » au vers 1 ;
- Au
vers 2, l’image de « l’ouragan » soufflant sur « les
roseraies » a imagé ce couple beauté fragile (« les
roseraies »)/rudesse des éléments (« l’ouragan ») ;
- Au
vers 6, « en blancheur » (« neige »)/« richesse » ;
- Au vers 7, « de
neige »/« et de fruits sûrs » ;
- Au vers 15, « fruits
tombants »/« cueille ».
§ Mais
ce sont les vers 8 à 10 qui lèvent le voile sur le sens caché de
l’élégie :
« Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé »
« Ces nixes nicettes aux cheveux verts et naines qui
n’on jamais aimé » nous rappellent
les « sept femmes aux cheveux verts » de “Nuit rhénane”,
d’autant que les « nixes » sont les ondines de la mythologie
germaniques, qualifiées de « nicettes », c'est-à-dire de simplettes,
et de « naines », ce qui achève de leur donner un aspect
inquiétant.
Par rapprochement avec “Nuits Rhénanes” et “La Loreley”,
on comprend que ces créatures mythologiques sont une nouvelle incarnation de
l’amour-danger, de l’amour impossible, non partagé de ces deux poèmes. Cela
rappelle également l’« ombre fatale » de « l’épouse
qui me suit » rencontrée dans le « signe » automnal (« Le
vent et la forêt qui pleurent/toutes leurs larmes en automne feuilles à
feuilles »), redisent toute la tristesse du mal d’amour. Le poète
retourne donc à son profit la thèse rabattue de l’automne comme il a enrôlé
dans sa poétique la légende de la Loreley.
Dans les deux cas, il trouve dans ces sujets un écho de
sa souffrance de mal-aimé. C’est ici, sous le mode de la complicité avec la
nature, thème évènement romantique que le poète, à la suite de Verlaine, a
débarrassé de tout pathos grâce à une prosodie alerte qu’il convient
d’étudier dans le second axe.
II. Un poème d’une musicalité libre,
propre à Apollinaire
Cette élégie musicale, dont la parenté avec
la poésie de Verlaine est indéniable, semble s’inspirer du précepte de ce
dernier dans son Art Poétique : « De la musique avant toute
chose ».
Les sonorités du vers tendent à composer un tableau
sonore en harmonie avec les images.
§ A la
force de « l’ouragan » dont « le souffle »
trouve son équivalent dans le « brame du cerf » et les « pleurs
du vent », participant les assonances et allitérations en ou/ra/gan
du vers 2 ;
§ La
récurrence telle celle du mot « automne » aux vers 1, 5 et
17 :
- « Automne
malade » et « adoré » ;
- « Pauvre
automne » ;
- « Toutes
les larmes en automne feuille à feuille ».
§ Le
balancement « que j’aime »/« que j’aime » au vers
14 ;
§ Les
couples symétriques (« en blancheur et en richesse », « de
neige et de fruits mûres », « feuilles à feuilles »)
créent un rythme régulier au sens d’une prosodie pourtant très libre.
On sait que les poèmes polymétriques présentant un
mélange de vers différents sont assez caractéristiques que la manière
d’Apollinaire.
Dans ce poème, l’octosyllabe est privilégié car figurant
aux vers 1, 6, 15 et 16. L’alexandrin, quant à lui, revient à trois
reprises :
§ Vers
10 : « Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et
naines » ;
§ Vers
14 : « Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs » ;
§ Vers
17 : « Toutes leurs larmes en automne feuilles à feuilles ».
On est surpris de constater que dans le recueil Alcools,
plus de la moitié des poèmes respectent les règles de versification et
privilégient l’alexandrin.
Pourtant, dans ce poème, Apollinaire recours aux vers les
plus disparates du vers de 14 ou 15 syllabes au vers 2 : « Tu
mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies ». Il reste que
l’alexandrin le plus remarquable du poème est celui du vers 14 (« Sur
les nixes nicettes aux cheveux verts et naines ») dont la régularité
contrastée avec les sonorités acidulées en [i] (« les n[i]xes
n[i]cettes »). L’effet recherché vise à renforcer au cœur de ce paysage
automnal, l’élément négatif que constitue l’image des « éperviers »,
liées à celle des « femmes qui n’ont jamais aimé ».
Quant à la dernière strophe qui se présente sous
l’apparence de six vers de deux syllabes :
« Les
feuilles
Qu’on
fouille
Un
train
Qui
roule
La
vie
S’écoule »
On peut découvrir ici un alexandrin verticalisé de 2 + 2
+ 2 + 2 + 2 + 2 = 12 syllabes. On doit y voir une visualisation de la chute
des feuilles et de la fuite inexorable du temps, selon un procédé utilisé par
Apollinaire dans ses célèbres calligrammes.
CONCLUSION GÉNÉRALE
Sur un thème qui l’a inspirée abondamment,
le poète d’Automne malade, même s’il est « beaucoup plus proche de
Verlaine et des poètes du xixe
siècle que des poètes modernes, joue avec subtilité des suggestions et des
fantaisies formelles pour que son teste porte sur empreinte très personnelle.
(Auteur anonyme, doc tiré de www.lescorriges.com)
26 septembre 2008
Ce soir, C'est la nuit du destin
Laylat Al
Qadr (la nuit du destin)
Laylat al-Qadr ou Nuit du Destin correspond à la veille du
27e jour du mois de ramadhan (calculs savants et différents selon les rites).
Dans le CORAN, la Sourate 97 : La destiné (al-Qadr) doit son nom au premier verset. Dans la sourate précédente, Dieu
ordonne à son Envoyé de lire le Coran en Son Nom « IQRA… ». Dans
celle-ci, Il fixe le moment où le Livre est descendu.
D’une manière générale,
cette sourate parle de la descente du Coran, la nuit de la destinée. Elle
commence par montrer le grand bienfait divin en faveur de l’humanité à laquelle
est adressé le Livre. C’est au cours
de cette nuit que la révélation commença à descendre sur le Sceau des envoyés,
que la prière et le salut soient sur lui. Elle vaut plus que mille nuits car
c’est la nuit de l’illumination de la Lumière divine sur les habitants de la
terre. Elle a changé le cours de l’Histoire et a ouvert une ère nouvelle à la
vie de la nation muhammadienne, à savoir la nation islamique.
- Nous l’avons certes, fait descendre [le Coran] pendant la nuit d’al-Qadr
- Et qui te dira ce qu’est la nuit d’al-Qadr ?
- La nuit d’al-Qadr est meilleure que mille mois.
La sourate énumère trois
particularités de cette nuit :
- c’est une nuit extraordinaire :
l’adoration en cette nuit vaut celle de mille mois
- les anges descendent, avec la
permission de Dieu, de tous les côtés du ciel vers la terre, depuis le coucher
du soleil jusqu’à l’aube.
- Dieu y inscrit la paix et la sécurité
pour toutes les créatures.
- Durant celle-ci descendent les anges ainsi que l’Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre.
- Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube.

Extrait de ["Commentaire du Coran, Chapitre "Amma", de Tahar Gaïd, éditions IQRA"]
La descente
du Coran
1. Nous l’avons certes, fait descendre [le Coran] pendant la nuit
de la destinée [de l’extrême et extraordinaire illumination, et des Décrets]
Dieu a fait descendre le
Coran en cette nuit bénie. « Et l’Esprit fidèle est descendu avec cela sur ton cœur,
pour que tu sois du nombre des avertisseurs ». (S.26, 193 et 194)
Le Coran n’est pas
descendu en une seule fois en bloc. La révélation a duré vingt-trois ans.
Certes, il a été descendu dans son ensemble la nuit de la destinée : « Nous
l’avons fait descendre en une nuit bénie. Nous sommes, en vérité, Celui qui
avertit ». (S.44, 3). Cette nuit s’inscrit dans
le mois de ramadân : « Le mois de ramadân au cours duquel le Coran a été
descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et
du discernement ». (S.2, 185). Ensuite Gabriel le
communiquait au Prophète - que la prière et le salut soient sur lui -, au
fur et à mesure des événements et des circonstances, depuis le début de la
prophétie jusqu’à sa mort.
L’objet de cette descente
graduelle consistait à faciliter sa compréhension et à en assimiler le contenu.
En outre, il fallait tenir compte des intérêts humains suivant l’évolution du
temps. Ce qui permettait d’orienter, hommes et femmes, vers le plus utile et le
plus profitable.
La dimension
de la nuit de la destinée
2. Et qui te dira [t’apprendra, ô Muhammad !] ce qu’est la
nuit de la destiné [quels sont ses bienfaits] ?
3. La nuit de la destinée est meilleure que mille mois [toute bonne
œuvre, en cette nuit, vaut mille mois d’œuvres salutaires].
4. Durant celle-ci descendent les anges ainsi que l’Esprit
[Gabriel], par permission de leur Seigneur, pour tout ordre [concernant les
affaires des créatures].
5. Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube.
Le culte pratiqué en cette
nuit est meilleur que celui de mille mois. Il équivaut donc à
quatre-vingt-trois années et quatre mois.
En cette nuit, les anges
du Trône et du ciel descendent sur terre. Ils sont accompagnés de Gabriel.
L’emploi de tanazzal,
montre que les êtres ailés n’arrivent pas sur terre tous ensemble mais qu’ils y
descendent par vagues successives. C’est une nuit de sécurité et de paix
jusqu’à l’aube. Elle est célébrée le vingt-septième jour du mois de ramadân.
En cette nuit, les anges
recevront des ordres pour régler toutes les affaires du monde, bien que
celles-ci fussent déjà inscrites dès l’aube de la création. « C’est
alors », dit Ibn ’Arabi, « qu’Il disposa la Table brillante (lawh) et
le Calame (qalam) pour transcrire l’Ecrit de l’Univers et l’acte qui détermine
à être ce qui fut et ce qui sera jusqu’au Jour de la Rétribution. Il plaça les
anges pour qu’ils transcrivent ce qu’on leur commandait en rapport avec
l’effacement et la confirmation, la mort et la vie, la diminution ou
l’augmentation. La langue est au Calame ce que la poitrine est à la Table
brillante. Ce que la langue énonce, les facultés mentales l’enregistrent sur
les tables des poitrines ; les inclinaisons que le cœur dirige vers la
poitrine sont exprimées par son interprète : la langue ».
***
Cette nuit constitue
l’édifice muhammadien qui était, auparavant, voilé du monde terrestre. Au cours
de cette nuit la Force spirituelle et psychologique descend, mieux encore c’est
le Royaume des cieux et de la terre qui se manifeste, véhiculant les ordres du
Seigneur sur toutes les choses existantes afin d’être gérées selon leurs états.
C’est une nuit parfaite ; elle ne connaît aucune insuffisance ni
imperfection et ceci du coucher du soleil jusqu’à son lever. C’est une nuit où
la paix et la sécurité règnent sur le monde entier.
* Tahar Gaïd est né le 22
octobre 1929 à Timengache, Beni Yala (Wilaya de Sétif). Après des études aux
médersas de Constantine et d’Alger, il exerce la fonction d’enseignant à
Tighanif, près de Mascara, puis à Alger.
Militant du PPA/MTLD, il
participe à la lutte pour la libération nationale. Il prend l’initiative
d’organiser des cellules FLN à Tihganif, anciennement Palikao. Arrêté en mai
1956, il est détenu pendant six années consécutives dans les prisons et les
camps d’internements en Algérie.
Dès 1963, il opte pour la
carrière diplomatique en qualité d’ambassadeur dans plusieurs pays africains.
En 1978, il cesse toute activité administrative.
A partir de 1980, il se
consacre dès lors aux aspects théoriques et pratiques de l’Islam. Il se signale
par la publication du Dictionnaire élémentaires de l’Islam (OPU). Il est aussi
l’auteur d’autres livres dont Réalités universelles de l’Islam (OPU) et
Religion et Politique en Islam (aux éditions Bouchène)
Parallèlement à ces
écrits, il publie à L’OPU (Office des Publications Universitaires, Alger) un lexique philosophique arabe-français et
français-arabe.
16 juin 2008
Notes de lecture
L’autre jour, j’ai été allé me ravitailler à la bibliothèque
Léo Ferré de Grigny (Rhône), et j’ai pris un supplément magazine (du 8 mars
2008) qu’éditait Le Monde car il y avait en couverture Patti
Smith, décrite comme rockeuse, poète, peintre et photographe… C’est quelqu’un
que j’admire beaucoup, depuis longtemps, comme certainement ce personnage de
cette époque passée et je cite :
« L’autre
jour, à la sortie du cimetière, un vieil homme édenté, sans doute un clochard
du quartier, s’est figé devant elle, l’a dévisagée et a doucement dit :
Patti Smith ? »
Dans l’article, il était question d’exposition de photos prises avec un polaroïd,
et combien
a été mon étonnement de découvrir une photo « le lit de Victor Hugo »
prise par Patti Smith,
telle que j’en conserve moi-même la posture ?!
Combien
sommes-nous dans le monde à avoir été un instant dans cette posture ?
Probablement plus que quelques centaines… pour l’auteur de La Légende des siècles*.
*La Légende des siècles est un recueil de poèmes de Victor Hugo, conçu comme un immense ensemble destiné à dépeindre l'histoire et l'évolution de l'Humanité.
Je voulais apporter au
Père Lachaise,
[Accompagné de ma
fille, et de quelques fantômes]
Un peu de lumière,
Sur des sépultures
célèbres
Jim Morrison,
Mouloudji, et combien d’autres…,
Mais il était trop
tard,
C’était le crépuscule...
C’était à cela que je pensais en cette soirée de la fin de mai 2008, j’étais à l’Olympia, invité par Karim (membre de ma famille) et les membres de l’ONB** (Orchestre National de Barbès) à leur concert. J’avoue que c’était la première fois que je mettais les pieds dans cette enceinte, mythique également pour moi (génération sixties) et j’ai surtout apprécié leur version de Sympathy For The Devil. Karim m’a expliqué que les Rolling Stones, qui adorent l'ONB, passent parfois un extrait de leur désormais célèbre "Aloua", en début et fin de leurs concerts... et que cela résultait d’un accord entre l’ONB et les Stones (chacun pouvant chanter en concert la chanson de l’autre sans risquer d’être pénalisé par les droits d’auteurs).
Et Patti Smith là-dedans me diriez-vous ?
J'avoue que je n'en sait trop rien ...
**http://www.orchestrenationaldebarbes.com/
07 juin 2008
La mer, la grand-mère et la mé(moi)re II
C’est
à la mi-avril que j’ai rendu visite à Saad, chez lui, du côté du Jardin des Plantes...
J’étais
accompagné de ma fille.
Je
tenais absolument à le lui faire rencontrer.
Elle
connaissait mon affection pour mon cousin et les anecdotes relatives à mes brefs
séjours à Paris du temps où je transitais vers de lointaines destinations…
Saad
qui était visiblement heureux de me retrouver évoqua pour ma fille les
distances qu’il parcourait à pieds de Skikda (Philippeville) pour venir à Stora
et Grande-Plage se régaler de fraises sur les terres familiales.
Saad
a été mon référent lorsque j’étais enfant, il faisait partie de la poignée d’algériens,
bacheliers à la date de l’indépendance de l’Algérie, venu effectuer des études
de médecine qu’il abandonna vite pour des études de philosophie…, pour le
quartier latin… et pour la fête…
L’autre
soir, c’était la fête et Saad était là comme mon invité privilégié.
Nous
étions à table et attendions le méchoui qui tardait à venir jusqu’à nous de
chez le traiteur.
Pour
meubler cette attente, j’étais en train de raconter cette histoire que j’avais lue,
enfant, dans un livret scolaire :
C’était au moyen-âge, style cour des miracles, il y
avait un marchand qui grillait de la viande et qui exaspéré par la présence d’un
individu qui se tenait debout depuis le matin devant son étal l’apostropha en s’exclamant :
"Il faudrait me payer car depuis ce matin vous êtes en train de vous nourrir en humant
l’odeur de la viande grillée !!!"
Sans se départir de son calme, l’individu en question
sortit de sa poche une pièce, puis la fit tinter en la faisant rouler sur le
parvis, « Voilà donc, donc vous
êtes déjà payé, le timbre de la monnaie équivaut à l’odeur de la viande. »
Et
voici que Saad, les yeux écarquillés qui s’exclama à son tour :
« Mais c’est extraordinaire, c’est des mots que j’ai
exactement prononcé lorsque j’étais petit, je jouais cette pièce à l’école et c’est
exactement de cela qu’il s’agissait, mon père m’a même acheté un habit pour
cela, mais c’est incroyable que tu racontes cela, toi, à l'instant, je ne l’ai plus entendu depuis
mon enfance, depuis plus d'un demi-siècle ?!!! »
Que
dire, au-delà de la philosophie - il paraît qu’au Moyen Âge les juges
étaient justes : Si il en avait mangé il aurait dû payer avec la
substance, ...-, du
virtuel ou du quantum (odeur-bruit-moralité-impalpabilité, conjonction), il y avait cet
instant, et la fête,
Et cette photo de Saad ce soir là, magnifique…

Et ses histoires interminables qui ont passionnées
la plupart des invités durant la soirée, avec son érudition, avec sa gentillesse, avec sa simplicité, et cela jusqu’au lever du jour, jusqu’au
moment où il a pris la première rame de métro pour rentrer chez lui, du côté de
Censier.
01 mai 2008
Notes de visite 2
Par un étonnant hasard, je découvre « un papier récent » sur Rachid HABBACHI publié par Mustapha BENFODIL, écrivain algérien en résidence d'écriture (du 03 mars au 30 avril 2008) dans la ville de Chenôve (Bourgogne) :
Rachid
HABBACHI est mon cousin, c’est un sacré personnage et j’ai beaucoup d’affection
pour lui.
Un
jour, je trouverai bien le temps de raconter quelques histoires nous concernant
et que nous avons partagés ensemble, mais jamais je ne pourrais égaler son
talent,
Rachid
est un fabuliste*.
"Les bônoises d'après..." est un
recueil de 124 pages édité par la Société des Ecrivains qui regroupe une
cinquantaine de fables mais pas n'importe quelles fables. il s'agit de fables bônoises
et " purée de nous aut' ", ceux qui connaissent savent qu'elles sont
uniques, inimitables parce qu'elle sont l'émanation du bon sens populaire même
quand elles vont à contresens.
Rachid HABBACHI Fabuliste algérien
(méditerranéen)
*Un fabuliste est un auteur de fables, c'est à dire de récits allégoriques desquels une morale est souvent tirée.
L'origine des fables se perdant "dans la nuit des temps", leur création est attribuée aux anciens, gens d'expérience...
Poète algérien Poète français ou Poète berbère Poète guadeloupéen
L’autre
jour, je dînais à Paris-Bercy avec des collègues venus de toutes les régions
pour assister au séminaire de la CSCF,
La
tablée était sympathique et les échanges portaient par un curieux hasard sur l’interculturalité.
Pour
ma part, j’étais ce soir là en verve,
Et
je racontais que j’étais désespéré de ne pas pouvoir retrouver les auteurs de
deux poèmes que j’avais étudié au lycée en sixième, vers le milieu des années
soixante (j'en profite pour rendre hommage à mon prof de français, Monsieur DABENE, professeur agrégé)
Que
je ne me rappelais que les quelques premières lignes
Que
je leur ai déclamé par ailleurs,
Soulignant
au passage mes efforts vains sur le Web,
Et
mes doutes sur l’auteur du premier poème,
Aimé
Césaire,
Qui
venait de s’éteindre,
M’étonnant
de ne pas trouver de réponse à ma recherche dans le déballage actuel des médias,
« La
lumière ne se fait que sur les tombes (dixit Ferré) »…
Bref,
m’étant longuement attardé de la soirée, j’étais en train de quitter les derniers
amis lorsque François-Marie (le Consultant belge invité à intervenir le
lendemain dans notre séminaire), vint nous rejoindre et me tendit sa carte de
visite avec inscrit au dos la réponse (qu'il avait trouvé entre-temps sur le Web...) au premier poème que je recherchais
vainement depuis de longues années :
« J’ai dit ma peine à qui n’a pas
souffert,
Il s’est ri de moi,
J’ai dit ma peine à qui a souffert, il s’est
penché vers moi.
Ses larmes ont coulé avant mes larmes,
Il avait le cœur blessé ».
Jean AMROUCHE, poète algérien
(berbère).
J’en étais « espenté »*, c'est-à-dire complètement
ébahi, et ravi car c’était des strophes que je me plaisais à dire à ma fille
lorsqu’elle me faisait un tout petit peu de peine, d’ailleurs, cela la faisait
toujours esclaffé de rires (au pluriel)… et moi, cela me déridait.
*[Espenté : (Familier) Utilisé dans la région de
Perpignan signifiant étonné, surpris, abasourdi]
Jean AMROUCHE Poète algérien de langue française,
journaliste littéraire (1906-1962)
Né en 1906 à Ighil Ali, en Algérie, dans une famille kabyle de la
vallée de la Soummam, Jean El-Mouhoub Amrouche a passé sa jeunesse à Tunis. Sa
famille s'est convertie au catholicisme et a adopté la langue française, langue
qui sera celle du poète. Sa mère, Fadhma Aït Mansour (1882-1967), élevée dans
une des premières écoles de filles en Algérie a laissée des mémoires : Histoire
de ma vie (1968, Maspero)
Après des études supérieures en France (École normale de Saint
Cloud), il est professeur de Lettres dans divers lycées de Tunisie et
d'Algérie. Aux milieux des années 1930, il publie ses premiers poèmes dans la
revue Cahier de Barbarie qu'il dirige à Tunis avec Armand Guibert.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rencontre André Gide à
Tunis et rejoint les milieux gaullistes à Alger. Il réalise des émissions
littéraires à la radio, à Tunis, Alger puis Paris (entre 1944 et 1958), il aura
alors l'occasion de s'entretenir avec tous les grands noms de la littérature et
de la philosophie de son temps. Certains de ses entretiens (avec François
Mauriac, André Gide, Paul Claudel, Guiseppe Ungaretti...) resteront célèbres et
les enregistrements édités en disque. Il est chassé de Radio France par Michel
Debré et continue son activité à la radio suisse de 1958 à 1961. Militant de
l'indépendance algérienne, il est mort d'un cancer quelques semaine avant les
accords d'Évian.
Sa sœur, Taos Amrouche, a été la première romancière
algérienne de langue française.
Parmi ses publications
Cendres
(Mirages, Tunis, 1934 - L'Harmattan, 1983) : poèmes (1928-1934)
Étoile secrète
(Cahiers de barbarie, Tunis, 1937 - L'Harmattan, 1983)
Chants berbères de Kabylie (Monomotapa, Tunis, 1939 - Édmond Charlot, 1947 -
L'Harmattan, 1986 - 1989)
L'éternel Jugurtha
(1946) : essai
Et voici notre ami belge François-Marie
qui revient à la charge le lendemain matin en ouvrant le séminaire avec son intervention sur l'efficacité...

Et en citant mon efficacité (car
j’ai obtenu facilement la réponse à mes questions/ François-Marie
avait passé la nuit à chercher la réponse sur Internet ... pour répondre à ma demande …) :
Le poète était Guy Tirolien
Prière d'un petit enfant nègre
Seigneur
je suis très fatigué
je suis né fatigué
et j'ai beaucoup marché depuis le chant du coq
et le morne est bien haut qui mène à leur école
Seigneur je ne veux plus aller à leur école ,
faites je vous en prie que je n'y aille plus
Je veux suivre mon père dans les ravines fraîches
quand la nuit flotte encore dans le mystère des bois
où glissent les esprits que l'aube vient chasser
Je veux aller pieds nus par les sentiers brûlés
qui longent vers midi les mares assoiffées
je veux dormir ma sieste au pied des lourds manguiers
je veux me réveiller
lorsque là bas mugit la sirène des blancs
et que l'usine
ancrée sur l'océan des cannes
vomit dans la campagne son équipage nègre
Seigneur je ne veux plus aller à leur école
faites je vous en prie que je n'y aille plus
Ils racontent qu 'il faut qu'un petit nègre y aille
pour qu'il devienne pareil
aux messieurs de la ville
aux messieurs comme il faut;
Mais moi je ne veux pas
devenir comme ils disent
un monsieur de la ville
un monsieur comme il faut
Je préfère flâner le long des sucreries
où sont les sacs repus
que gonfle un sucre brun
autant que ma peau brune
Je préfère
vers l'heure où la lune amoureuse
parle bas à l'oreille
des cocotiers penchés
écouter ce que dit
dans la nuit
la voix cassée d'un vieux qui raconte en fumant
les histoires de Zamba
et de compère Lapin
et bien d'autres choses encore
qui ne sont pas dans leur livre .
Les nègres vous le savez n'ont que trop travaillé
pourquoi faut il de plus
apprendre dans des livres
qui nous parlent de choses
qui ne sont point d'ici .
Et puis
elle est vraiment trop triste leur école
triste comme
ces messieurs de la ville
ces messieurs comme il faut
qui ne savent plus danser le soir au clair de lune
qui ne savent plus marcher sur la chair de leurs pieds
qui ne savent plus conter de contes aux veillées
Seigneur je ne veux plus aller à leur école.
Extrait de "Balles d'or" Guy Tirolien, poète français ( guadeloupéen)
photo D.R. collection privée famille Tirolien
Guy Tirolien
naît le 13 février 1917 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). Après des études
secondaires au Lycée Carnot de Pointe-à-Pitre, où il rencontre, pour une
amitié au long cours, Albert Béville (Paul Niger), il part en France en
1936. À Paris, il prépare le concours d'entrée à l'École Nationale de La
France d'Outre-mer au Lycée Louis-le-Grand.
Guy
Tirolien fait la connaissance de Léopold Sédar Senghor en 1940 dans le
stalag où ils sont prisonniers des Allemands. Libéré en 1942, Tirolien
participe à l'ébullition de la Négritude qui aboutit à la création de Présence
Africaine. De 1944 à 1960, il est administrateur de la France
d'Outre-mer en Afrique : en Guinée (chef de subdivision de Dubréka, affaires
économiques à Conakry) ; au Niger (chef des subdivisions de Dakoro et de
Maïnè Souva) ; au Mali (chef de subdivision de Djéné, adjoint au
commandant cercle de Gao) ; et en Côte d'Ivoire (chef de subdivision de
Touba, de Lakota, adjoint au commandant de cercle de Séguéla). Tirolien prend
une part active dans la vie du RDA (Rassemblement Démocratique Africain),
parti anticolonialiste fondé en 1946.
En
1961, il publie son premier recueil de poèmes, Balles d'or,
chez Présence Africaine à Paris. Il reste dans l'administration dans les
pays indépendants : au Niger, il est Commissaire à l'information culturelle
(1961-1965), ensuite, il est représentant des Nations-Unies au Mali
(1965-1970) et au Gabon (1970-1973). Il est Conseiller culturel du
deuxième Festival Mondial des Arts Nègres au Nigéria (1975-1976).
En
1977, Guy Tirolien publie Feuilles vivantes au matin, recueil
de poèmes et de nouvelles. En juillet, il s'installe en Guadeloupe où il
livrera, sans succès, une joute électorale lors des législatives de mars
1978 avec la volonté affirmée de donner au peuple guadeloupéen « un
pouvoir de décision en négociant, par les voies démocratiques, les
moyens qui lui permettront d'avoir prise directe sur ses propres affaires ».
Guy Tirolien meurt le 8 mars 1988, les yeux fixés sur « l'azur menteur de la mer Caraïbe » depuis son île de Marie-Galante.
20 mars 2008
...Vint alors le printemps
…Vint alors le printemps
Comme une draperie
Sur nos corps éblouis.
Léo Ferré,
La
Mémoire Et La Mer, 1983.
15 mars 2008
La mer, la grand-mère et la mé(moi)re
Je viens de trouver un commentaire sur ma dernière note de visite venant d’une femme que je devine généreuse, entière et profondément sublime. Je suis allé visiter son blog et me suis émerveillé de son talent.
http://www.lorange-violette.com/
Je me suis levé aussitôt de mon siège pour aller extirper de ma bibliothèque le livre que Marie-Hélène, une amie d’antan, m’a offert et dédicacé ainsi :
« Pont L’Abbé
Lundi 23 février 1989
Incitation au
voyage… »
Ce recueil contient les plus beaux poèmes qu’il m’a été donné de lire sur la mer, la mémoire et la Bretagne… et sur l’imaginaire… En voici un extrait :
…«
Ici
Comprendre signifie
regarder,
Voir veut dire
écouter,
Entendre équivaut à sentir,
Aimer c’est toujours s’en aller. »…
Extrait de « Poème de L’Ile et du
sel » Gérard Le Gouic, éd. TELEN ARVOR, Quimper, 1986
Ma grand-mère qui était un personnage magnifique et qui a
compté beaucoup pour moi était de Grande Plage, de Stora et de la mer.

Grande Plage, considérée
comme l’une des plus belles plages d'Algérie, difficile d’accès et environnée de
nature sauvage, elle est située à l'ouest de Stora.












